Se souvenir d’oublier

Se souvenir d’oublier

Qu’est-ce qu’on devient quand on oublie ? Quand les souvenirs font place à des questions sans réponses ? Quand on se noie, corps et âme, dans un vide blanc, silencieux, anonyme ?

Au fond de mon lit d’hôpital, la mémoire remise à zéro, il a fallu que je décide entre accepter qui je suis ou devenir qui j’étais. Ils m’ont forcé. Forcé à me souvenir, forcé à pousser des portes qui auraient dû rester closes.

J’étais John.
Ils m’ont appelé Alan.
C’est pour ça que tout a mal tourné.


Se souvenir d’oublier est la pièce qui sera restée le plus longtemps sur ma table d’écriture. En permanente évolution, elle semble, comme la mémoire, ne jamais parvenir à un status-quo. C’est peut-être la pièce qui ne sera jamais finie, toujours un work in progress. Chaque représentation sera différente, chaque scène un autre souvenir, plus impalpable, plus trouble, plus menaçant.